LE LOCAL ET MOI

LE LOCAL ET MOI

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Le local et moi… Si nous pouvons consommer local nous le faisons. Ça me fait toujours plaisir de voir que juste à côté de chez moi il y a un petit producteur de choux Kale que je peux voir en quelques minutes, c’est toujours agréable de se sentir proche des commerçants et savoir où va notre argent. Tout comme le fait de voir de la nouveauté, d’autres couleurs et saveurs qui viennent d’ailleurs. Je vais un peu… beaucoup parler pour que tu comprennes pourquoi je pense comme ça.

Avant de dire « Je consomme 100% local » « Je suis locavore » et juger le moindre écart de son voisin (oui souvent les deux s’assemblent), il faut penser aux divers facteurs qui ne facilitent pas vraiment ce choix de consommation et faire preuve de tolérance avec les autres et finalement avec soi-même.

Mon blog n’est pas fait pour mettre en avant le mode de vie et les choix
de consommation d’une seule personne (la rédactrice) mais plutôt de partager toutes les
alternatives saines et efficaces nécessaires à tout le monde. Qui dit tout le monde dit des différences.

Chaque personne avance à son rythme, nous sommes tous à différents niveaux et quand nous partageons nos conseils et recommandations il est important de penser à tous ces « cas spécifiques ».

Pourquoi faudrait-il à chaque fois appartenir à un groupe, une communauté, pour la défendre ? Si j’ai créé cet espace virtuel c’est en effet pour partager mes réussites et mes astuces pour mieux vivre mais surtout pour mettre en avant la HEALTHY LIFE.

Partager des modes de vie peu représentés dans les médias. Le mien, les vôtres.

Un exemple : je ne suis pas VEGAN, eh oui, je consomme du miel et ça,
jusqu’à mon dernier jour certainement car il est un médicament indispensable. Et
pourtant cela ne m’empêchera pas de défendre cette cause que je
respecte et admire énormément. Il faut savoir reconnaitre les bonnes choses même si nous n’en faisons pas partie.

Sur le blog vous trouverez des recettes VEGAN car en plus d’être délicieuses, elles sont meilleures pour notre santé, et la planète mais aussi parce qu’elles répondent aux exigences alimentaires du plus grand nombre.

Revenons à nos moutons, à nos légumes plutôt. Cette petite parenthèse pour dire tout simplement JE NE SUIS PAS LOCAVORE mais j’y tends, je fais des efforts, pour dire aussi que chacun consomme à son rythme, il est donc important de rester tolérants dans nos échanges et ne jamais penser être au-dessus des autres.

Si je peux consommer local je le fais mais je ne suis pas une locavore.
Le local a ses limites et il est très difficile de manger 100% local.

Et s’il y a une personne qui prétend l’être, je suis intriguée par son organisation quotidienne de la cuisine en passant par la salle de bain et le dressing… N’oubliez pas, nous ne vivons pas avec les donneurs de leçons.

Je rêve d’autosuffisance, cultiver moi-même tout ce que je mange mais pour le moment cela reste un rêve.

Finalement c’est un peu comme le zéro déchet, c’est une
expression qu’il ne faut prendre à la lettre. Le zéro ou la perfection, ça
n’existe pas. Par contre vouloir l’atteindre, c’est possible.

Les avantages =

Manger local c’est manger frais.

Créer de l’emploi chez nous.

Aider les petits producteurs.

Les deux derniers avantages sont aussi valables quand on consomme les
produits d’ailleurs mais ailleurs…

Les limites =

Pendant les périodes creuses comme le début du Printemps dans ma région, les
cultures sont pauvres, surtout quand la météo s’en mêle, le choix des
fruits et légumes diminue. Ce mois d’avril par exemple, de local il
n’y avait que les choux et les oignons. Si une personne souhaite me blâmer, je tiens tout de même à souligner que choisir une banane ou une orange bio/non traitée si l’envie se présente, demeure tout de même un moindre mal.

Les intempéries fragilisent les cultures BIO bien plus que les cultures
traitées aux médicaments douteux. La production BIO est alors au ralenti
voire altérée. Et comme je ne veux pas manger du pesticide, je consomme
le BIO de mes voisins espagnols, africains… Je préfère manger des fruits
et légumes biologiques récoltés de façon équitable, éthique et qui
viennent loin de chez moi plutôt que favoriser les cultures aux engrais
néfastes pour ma santé et l’environnement.

La situation géographique, dans certaines villes il y a peu de producteurs BIO. Selon le pays les cultures sont plus ou moins riches.

Le BIO fait face à une demande exponentielle de la part des
consommateurs. Les cultures se planifiant en fonction d’estimations
quantitatives, il peut y avoir des ruptures très facilement. Et c’est souvent le cas, nos étals sont souvent vides.

Avec les aléas climatiques, techniques et ruptures momentanées, notre
consommation ne peut pas être 100% locale. Consommer chez nos amis
étrangers est parfois une nécessité. Et si nous pouvons participer au commerce
de nos voisins où est le problème ?

Justement le problème c’est de devoir se justifier de manger du « made in
ailleurs ».

En naviguant sur internet, je me rends compte qu’il y a des prises de position qui sont vraiment extrêmes, tant chez les gens qui sont laxistes (on s’en fou de ce qu’on mange, on a qu’une vie…) tant chez les personnes qui disent vouloir que du français (chez moi mais pareil pour les habitants d’autres pays) alors que dans l’absolu ce n’est pas possible.

« Moi je veux manger français, et encore plus loin que ça » « moi je veux manger ce qui vient de ma région » toujours plus loin. Bientôt on entendra « moi je suis la perfection du local et je mange uniquement ce qui vient de ma rue… »

Quand ces extrêmes du local revendiquent cette consommation, va-t-elle jusqu’à leur salle de bain, leur dressing ? Y a t il une cohérence ? Qui dit produits étrangers et exotiques ne dit pas production mauvaise.

Mettons cet orgueil de côté en pensant que nous sommes toujours mieux que les autres et les seuls à vouloir le meilleur. Cet article représente bien ma vision des choses, juste : ici et puis .

Je pense à mon entourage quand je vous écris.
Pendant les vacances nous aimons faire les marchés ensemble et il m’arrive d’entendre :  » je ne veux que du français ». Je réponds : « si c’est du français traité aux pesticides, je n’en veux pas. Tout comme je ne veux pas de
l’espagnol ou de l’africain ou de l’américain traité aux pesticides ».

On peut dire que je suis un blog sans frontières qui s’adresse à tous et je ne serai jamais une pro locale à 100%.

Si les producteurs étrangers produisent BIO ou non traités et que leurs salariés exercent dans des conditions éthiques, je n’ai aucune raison de me priver et de ne pas consommer leurs produits et participer par cet acte de consommation à leur développement.

Depuis la nuit des temps l’Homme explore la terre à la recherche de nouveaux aliments pour se nourrir. Ces échanges de culture nous permettent de répondre à des besoins nutritionnels, ils ont permis d’avoir aujourd’hui un panier varié, nous avons un grand choix nécessaire pour combler certaines carences, c’est de part ces carences que nous avons été poussés à voyager à la recherche d’autres aliments, d’autres plantes médicinales.

Les temps ont changé mais les besoins de l’organisme sont toujours les mêmes. Il n’est pas question de sur-consommation, mais consommation raisonnée. Si nous avons tout ce qu’il faut en local, on se contente de ça, il ne faut pas être gourmand non plus en achetant des aliments juste comme ça, pour répondre à une tendance ou à une pulsion alors qu’on n’en ressent pas le besoin et qui peut être responsable d’un futur gaspillage.

Maintenant il y a des aliments extrêmement utiles qui peuvent combler nos carences et qui ne poussent pas chez nous.

Cette richesse de l’échange est en danger, a contrario on s’enferme. Pourquoi s’imposer des restrictions inutiles ou imposer aux autres un climat de méfiance, de peur.

Aussi, chacun se fait sa propre définition du local. Je ne souhaite pas que tout le monde soit en accord car c’est avec tous ces avis et ressentis différents que ressortent de belles choses, mais il serait bien d’avoir une seule et même définition de consommer local. Préciser que local ne veut pas dire sain. Les pesticides sont aussi dans notre pays et pas que chez le voisin… Manger local ne veut pas dire sain, ne veut pas dire BIO.

Il faut consommer le BON LOCAL, qualité des produits, sans pesticides, aux bonnes compositions et là je dis oui ! Qui ne rêve pas de ça. Une culture BIO ou sauvage qui n’a pas été touchée par le poison des industriels.

Certaines personnes voient le local aussi à différentes échelles. Untel pense que le local c’est par pays et untel pense que cela se résume à sa région pour au final se terminer en incroyable débat :

« Tu manges des tomates en plein mois de Mai ? Tu n’as pas l’impression de mal agir en faisant ça ? ».

Eh oui, le climat au sud de la France est parfois différent de celui à l’Ouest. Alors il se peut que tu aies des tomates dans le pays où tu vis mais on te diras que tu n’es pas local car ce n’est pas de saison… On ne grandit pas avec ce genre de dialogue.

Se mettre d’accord sur les critères de sélection mais pas sur ce que c’est le local car ça varie pour chacun. Et surtout ne pas l’imposer aux autres, assez des commentaires dès que tu partages une photo d’un avocat ou d’une banane. Il faut pousser les gens à la réflexion sans leur imposer. Donc se taire en quelque sorte et juste montrer l’exemple, le silence parfois… Et ne pas critiquer sans arrêt son voisin. Tout est dans le partage et dans l’échange, rien d’autre.

Mon raisonnement peut changer (en bien j’espère) selon les évolutions techniques, les conditions climatiques, et oui mes choix suivent ce que la création me donne.

Pour conclure, manger local en priorité si on peut, selon nos moyens et
si c’est BIO ou sauvage. Et consommer des produits étrangers, exotiques BIO sans contrainte et avec modération, toujours.

Comments (6)

  • Tu as bien raison ! Il ne faut pas être trop rigide sans notre démarche écolo qui doit être vue dans son ensemble. Je suis « zéro-déchet » mais j’ai une poubelle pour y mettre certains emballages alimentaires car non, je ne passe pas ma vie dans la cuisine ! Je suis « locavore » mais en Alsace on ne produit ni agrumes, ni banane, ni avocat ! Par contre je fais attention à ne pas manger hors saison quand même car même bio et venant de l’étranger, c’est tout simplement pas bon car ça a mûrit dans le camion ( ce qui n’est pas le cas des bananes ou avocats qui mûrissent après avoir été cueillis ). Et quand on a gouté a des tomates pleines de saveur récoltées pendant la saison, difficile de manger des tomates toute fades.
    Je me souvient d’un reportage sur Arte ou la 5 sur le bio espagnol : des conditions de travail indignes, on fait dormir dans les champs des travailleurs étrangers qu’on ne paye quasiment pas ; pour produire toute l’année du bio, on chauffe des serres ( merci l’empreinte carbone !!!). Donc maintenant je réfléchi à 2× avant d’acheter des fruits ou légumes venant de là-bas.
    Cependant l’écologie ne doit pas être une contrainte et comme je l’écris souvent, il faut garder une dimension plaisir !
    Aurélie de latomatesevade.com

    Répondre
    • Pareil, j’essaye aussi de favoriser le bio et les légumes de saisons. Mais il y a tellement de paramètres à prendre en considérations : conditions des employés, conditions de la terre, produits chimiques utilisés ou non, coût du transport en CO2, coût de l’emballage (vaut-il mieux favoriser un produit local emballé dans du plastique qui mettra des années à se détruire ou bien un produit bio venant de loin en vrac, la réponse n’est pas si évidente). De toute façon aucune solution n’est parfaite. Cela n’est bien sûr pas une excuse pour ne rien faire, mais au contraire une raison de faire de son mieux. C’est déjà beaucoup !

      Répondre
  • Coucou !

    Je découvre ton blog et c’est un vrai plaisir !

    J’aime beaucoup la tournure que tu as donné à cet article. En effet, consommé local peut être une envie, parfois irréalisable dans son ensemble. Pour des raisons économiques également. Cela a un coup (qui est compréhensible) mais pas toujours accessible (je parle en connaissance de cause).

    Tu parles des personnes ayant fait le choix d’être VEGAN (choix que je respecte et personnes que j’admire). Toutefois, certaines personnes sont un peu fermées d’esprit et ne tente même d’entendre les différents arguments. Pour ma part, pour des raisons de santé, il me faut consommer des protéines animales (besoin de régénération cellulaires sur des plaies chroniques). Alors oui, je mange de la viande, mais je choisis leur provenance. L’avantage d’habiter à la campagne, c’est que les éleveurs ne sont pas très loin. Tout comme pour les oeufs (que mes voisins me vendent à tout petits prix).

    Je pense que si tout le monde faisait « un peu » on ferait beaucoup ensemble 🙂

  • Ton article est super intéressant, j’adore. Merci

    Tiziana Zabara
    Répondre
  • Pingback:Préserver le climat, ça peut commencer par une tasse de thé !

  • Salut salut!! Je te suis depuis environ un an, tu m’inspires énormément, je tenais à te le dire, et je trouve également que tu écris et t’exprimes très bien. Je suis de Rennes et vis depuis un an et demi au Brésil, ce pays si beau, la nature est absolument incroyable, et pourtant les politiques et industriels marchent main dans la main pour la piétiner.
    Je suis ostéopathe, je ne gagne pas encore tout à fait ma vie avec ça, mais je m’organise une petite sphère »on fait tous des efforts »; ramassons les plastiques sur notre passage à la plage, « éducation » des patients, compostage, petit potager maison…en France l’accès au bio est relativement facile. Mais ici le bio réel n’existe presque pas, ou n’est pas à portée de main. C’est la chasse au trésor pour avoir du « sem agrotóxico » (sans pesticide). Bref, je mène la même bataille que toi, mes voisins aussi, continue comme ça, et vive l’huile de coco!!

    Audrey
    Répondre

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