Art et écologie : est-ce compatible ?

Art et écologie : est-ce compatible ?

Coucou les filles !

Aujourd’hui, je vais aborder un thème assez spécial et encore jamais vu sur le blog : de l’art éco-responsable. Oui oui, c’est possible !

Récemment, j’ai découvert le compte Instagram @art_doriane et ça a été une révélation pour moi.

Doriane ne peint qu’avec des pigments naturels en provenance du Maroc ou des fleurs qu’elle trouve sur son chemin. J’ai eu un véritable coup de cœur pour le raffinement de ses œuvres et les valeurs qu’elle souhaite transmettre. 

Très curieuse, j’ai voulu en savoir plus sur cette peinture « écologique ». Habitant au Maroc et Doriane en France, j’ai exceptionnellement interviewé cette jeune artiste par téléphone.

Crédit : Doriane B. 

Nora : Peux-tu te présenter ?

Doriane : Moi c’est Doriane, j’ai 27 ans. Je suis parisienne. J’ai plusieurs identités sur Internet : je suis bloggeuse, je fais de la peinture et j’ai un projet de podcast qui va sortir en début d’année. Pour résumer, je suis entrepreneure. 

Nora : Peux-tu nous expliquer le concept de ton compte « @art_doriane » (sur Instagram) ? Quelles sont tes inspirations artistiques ?

Doriane : Concernant mon compte Instagram « @art_doriane », j’ai voulu créer un journal artistique digital afin d’exposer mes œuvres.

Concernant mes inspirations, ma source principale est la nature, surtout les fleurs. Je suis très fascinée par les fleurs, cela se ressent dans tout ce que je fais. 

Un exemple tout bête, quand j’étais petite et que j’allais en vacances chez ma Famille en Touraine, il y avait des fleurs partout : c’était multicolore et féérique. Aujourd’hui lorsque je m’y rends, il n’y a plus rien. Voilà pourquoi je dessine tout le temps des fleurs, cela me manque car on en voit beaucoup moins. 

Mes peintures sont un moyen de m’exprimer en faveur de la protection de l’environnement, c’est une cause qui me tient à cœur. Mais je laisse toujours libre cours aux gens d’interpréter à leur façon mes œuvres. Personnellement, je vais être touchée par l’écologie, alors que d’autres vont voir à travers les fleurs que je peins des traits de leur personnalité. 

Je suis aussi très inspirée par l’artisanat marocain, notamment le zellige (mosaïque traditionnelle marocaine composée d’argile emmaillée). Cela me fascine : j’essaie d’apprendre mais ce n’est pas facile. A l’avenir, j’aimerai mélanger les fleurs avec l’art du zellige dans mon travail.

Nora : Depuis quand es-tu passionnée de peinture ? Cela remonte à ton enfance ?

Doriane : Cela remonte à loin ! (rires). Je suis passionnée de peinture depuis mon enfance. Néanmoins, il y a un moment dans ma vie où j’ai abandonné le côté créatif car je n’avais plus forcément le temps. 

Depuis que je me suis mariée il y a 2 ans, je m’y suis replongée et j’ai découvert d’autres manières de m’exprimer artistiquement via l’aquarelle ou avec des pigments naturels qui proviennent du Maroc. 

Nora : Comment tu t’es dirigée vers un art plus respectueux de l’environnement ? As-tu des modèles à suivre dans le domaine ?

Doriane : Au niveau mon intérêt pour l’environnement, cela va avec le contexte actuel. La plupart des gens – enfin je l’espère – se dirigent plus ou moins vers un mode de vie plus respectueux de la planète. 

Concernant les artistes qui m’inspirent, je ne sais pas si elles font spécialement attention à l’environnement mais j’aime beaucoup Rosie  Harbottle (https://www.instagram.com/rosieharbottle/?hl=fr) : il s’agit d’une illustratrice anglaise qui prend beaucoup d’inspiration au Maroc. J’aime aussi beaucoup Isabelle Feliu (https://www.instagram.com/isabellefeliu/?hl=fr), Roeqiya Fris (https://www.instagram.com/roeqie/?hl=fr) et Sandy Kurt (https://www.instagram.com/sandy.kurt/)

Nora : Parles-nous plus précisément des pigments naturels que tu as achetés au Maroc.

Doriane : Il y a deux ans, j’ai voyagé dans le nord du Maroc. J’ai eu la chance de visiter plusieurs villes dont la ville de Chefchaouen qui est connue pour sa couleur bleue. Ce pigment qui est utilisé pour peindre les maisons est vendu dans la rue, ainsi que des pigments d’autres couleurs comme l’ocre, le violet ou le rose. Je me suis dis que je devais faire quelque chose avec ça, c’était trop beau (rires) ! Ca a un côté authentique que j’ai vraiment apprécié. 

J’ai beaucoup aimé la ville de Chefchaouen, avec ses couleurs qui explosent de partout, mais toutes les villes au Maroc sont inspirantes et ont chacune leur petit « quelque chose ».

Nora : As-tu encore ton stock de pigments naturels ?

Doriane : Oui. J’ai mis du temps à me lancer car j’utilisais de l’aquarelle jusqu’à présent. Au début, je n’avais pas la technique, j’ai fait plusieurs tests avant de m’en servir.

J’ai commencé il y a un an. 

Ce sont des pigments très très concentrés. J’ai 50 grammes par couleurs et je ne vois pas le paquet diminuer : même pas 1 gramme me sert à faire une peinture entière. Il s’agit d’une matière première durable, c’est ce que j’aime avec ce pigment. Pour se faire une idée, un tube ne gouache n’est parfois pas suffisant pour réaliser un grand tableau : il en faut plus pour obtenir de la matière et une belle texture. 

En plus d’être durable, les pigments naturels sont achetés à un commerçant local et sont peu chers.

Nora : Avec ces matières premières naturelles, es-tu satisfaite du rendu ? As-tu trouvé des difficultés ? 

Doriane : C’est justement ça le challenge. J’ai eu des difficultés à reproduire certaines couleurs : j’ai fait énormément de tests et de mélanges sans y parvenir. A mon avis, soit je n’ai pas acheté assez de couleurs à Chefchaouen, soit il y a des teintes que l’on ne peut pas obtenir avec des pigments naturels et c’est normal.

L’autre difficulté s’est trouvée dans le séchage. Lorsque la poudre était mouillée, elle se fondait parfaitement sur la feuille et avait une très belle couleur. Quand elle séchait, la poudre pouvait s’effriter légèrement. La solution : mélanger de la gomme arabique liquide avec les poudres et un peu d’eau, ce qui rend la matière lisse. 

Nora : Tu as perçu ces difficultés comme un échec ou au contraire, cela t’a poussé à te dépasser dans ta créativité ?

Doriane : Les couleurs sont tellement belles que je ne voulais pas abandonner. C’est devenu ma matière préférée : mon gros coup de cœur. Au niveau artistique, on n’arrête jamais d’apprendre ni de découvrir de nouvelles choses. 

Nora : As-tu pour projet de commercialiser tes peintures ? Ou promouvoir les pigments naturels marocains ?

Doriane : J’aimerai bien un jour. 

A court terme, ce n’est pas ma priorité car j’ai des projets que je dois terminer avant. Pour l’instant, toutes mes œuvres ont été offertes à des proches. La peinture est comme une thérapie : cela me détend et me permet de m’évader.

Une autre idée à laquelle je réfléchis est d’importer les poudres du Maroc et de les vendre aux artistes français. Ils pourront découvrir cette superbe matière première écologique et durable ainsi que faire vivre un artisan marocain. 

Nora : Art et protection de l’environnement, un mouvement marginal ou en expansion ?

Doriane : Elle est difficile cette question (rires) ! 

De mon point de vue personnel, je dirai qu’art et environnement vont de pair. Aujourd’hui, l’art est un moyen de faire passer des messages importants comme l’environnement ou encore la cause des femmes. L’art est un moyen de faire réfléchir autrement que les médias. 

D’un point de vue général, et notamment dans les musées, il y a beaucoup ce côté « business ». Je pense qu’il y a deux mondes dans la sphère artistique : ceux qui souhaitent faire passer un message, ils sont marginaux ; et ceux qui gagnent leurs vies avec leurs œuvres dans un univers très différent. Au plus haut niveau de l’art, je ne pense pas que l’écologie soit une question importante. 

Nora : Connaissais-tu Peau Neuve ? As-tu déjà consulté son blog ?

Doriane : Oui tout à fait ! Je suis le blog de Peau Neuve depuis environ 5 ans. Je suis sur Instagram depuis 9 ans et Peau Neuve a fait partie des premières personnes que j’ai suivies. C’est une bloggeuse très sympathique avec laquelle j’échange de temps en temps.

Nora : Que penses-tu de son initiative de mettre en avant les initiatives écologiques et éthiques dans le monde, et particulièrement au Maroc ?

Doriane : Je trouve que c’est une superbe bonne initiative. J’étais surprise d’avoir été contactée pour cela car je ne pensais pas que son champ d’action s’étendait jusqu’à l’art (rires) ! J’espère que mon interview va montrer à des personnes qui font des activités créatives que c’est possible de peindre avec des matières responsables et naturelles comme les pigments naturels marocains ou les supports végétaux comme ceux de la marque Lukas (Papier aquarelles non gélatiné et sans produits d’origine animale) ou Clairefontaine (Papier 100% végétaux garantis sans produits d’origine animale). C’est un très beau message à faire passer.

C’est ainsi que c’est terminé notre entretien téléphonique très enrichissant. 

J’ai vraiment apprécié échanger avec Doriane qui m’a fait découvrir un monde inconnu pour moi. Peu sensibilisée à l’art, quelle immense joie de rencontrer une artiste qui agit en faveur de la protection de l’environnement.

C’est un très bel exemple pour quiconque lira cet article : on peut être artiste et protéger la planète. On peut être créatif et écolo. On peut être passionné et responsable !

Je vous recommande son compte Instagram qui est une bouffée d’air frais et un océan de douceur : @art_doriane. 

Son talent mérite d’être reconnu, et son engagement doit être une source de motivation. Un vrai coup de cœur pour cette jeune Femme très talentueuse.

A bientôt pour un nouvel article !

Nora B.

 

♥ Un grand MERCI à Nora reporter en direct du Maroc, elle nous partage toutes ses belles adresses écolo et met en lumière des femmes inspirantes. Vous pouvez la suivre ici.

Toutes les photos de cet article appartiennent à Doriane Baker, il est interdit de s’en servir sans son autorisation. Vous pouvez la contacter ici.

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3 commentaires
  • Coucou , je viens de découvrir ton blog!! Depuis quelques temps j’essaye aussi de me mettre au naturel!!! Je n’ai pas encore pris les temps de lire tout ton blog , du coup je voulais savoir si tu aurais des astuces pour l’acné rosacée. Elle est apparue au cours de ma 2eme grossesse, j’ai essayer plusieurs traitement , et même des séances de lumières puisées…en vain… Je suis très complexé, je ne sais plus quoi faire. J’ai un peu changer ma routine , je me nettoie le visage au savon d’alep, je l’hydrate avec un gel d’aloe vera et parfois de l’huile de coco bio. J’ai la peau très grasse au niveau de la zone T , je brille comme une boule à facette à la fin de la journée ! Aurais tu quelques conseils à me donner!!
    Merci à toi!
    Anaëlle

  • Plasticienne, je vous remercie pour votre article sur le sujet et la découverte de Doriane ! En partage, si vous souhaitez découvrir quelques réalisations récentes sur l’environnement « Panta rhei », les dessins du confinement : https://1011-art.blogspot.com/p/ordre-du-monde.html
    Ou encore, bientôt exposé au Muséum de Genève, la série « Vous êtes ici » : https://1011-art.blogspot.com/p/vous-etes-ici.html
    Et + encore en vous baladant sur le site !